K comme Kane...

 

ce texte est à vous…Nous vous l’offrons.

Faites-en la lecture que vous désirez.

Lisez ceci comme un poème en vers libres, un hommage à Orson Welles ou comme vous le voudrez…Imaginez-le chanté par la voix fragile de Jane Birkin, si vous le voulez…

 

Pour nous, c’est en tout cas la clé de voûte de cet abécédaire que nous mettons sous cette forme en ligne ce soir.

 

Même si c’est absent

Apparemment

De mes mots, de mes textes

Et du reste,

Moi je comprends

Et j’entends

Quelque part

Malgré tout

L’histoire

Un peu floue

De Citizen Kane

Le Grand Kane

A Xanadu…

Il a tout eu

Tout construit

Un empire

Et puis sa vie

Tout à coup

Se déchire :

Une rencontre

Quelques mois

Une histoire

Venue trop tard

Car dans son monde

On ne peut pas,

On ne doit pas

Sans mémoire…

Deux femmes dans le jeu,

C’est forcément une de trop.

Citizen Kane a eu les yeux

Un peu trop gros

Et maintenant c’est les tripes qui paient

L’addition se révèle salée…

Car l’autre est là

Qui pleure et qui exige

Et qui s’en va

Et qui revient qui fustige :

La seconde devient alors un cadeau

A immoler sur l’autel des sanglots…

Citizen Kane

Le cœur en quatre

A respecté

Les lois humaines

De son théâtre

De légitimité

Mais dans son âme

Le voici seul à jamais

Et cette femme

Japanese Girl envolée

Pèse bien lourd

Sur les tours

De Xanadu :

C’est à devenir fou…

Toute une enfance

Abandonnée

Négligée

Refait surface

Dans la glace

Avec ses traces...

Rosebud le traîneau

Tant aimé

A brûlé.

Il contemple son empire

Qui maintenant est le pire

A ses yeux :

Il est malheureux.

Les lumières se diluent dans la pluie

A Paris

Comme la brume

Au matin

Sur les plaines

D’Italie

Comme les larmes

Dans les yeux d’une femme

En allée…

Ce qui ne devait pas être dit

Le grand secret est ici :

Il a renoncé

A tout ce qu’il rêvait

Ne demeure

Que la fureur…

Citizen Kane

Pour se venger de lui-même

Perd le fil, perd la boule

Se saborde, se coule.

Il verse dans l’extrême

Lançant des anathèmes

Il vitupère

Comme un gosse en colère

Laissant derrière lui

Quelque cadavre exquis

C’est tant pis

Pour ceux-la, pour ceux-ci

Qui " passaient " par ici

Mégalo,

Parano,

Il en fait beaucoup trop

Et fiche tout à l’eau

Ce qu’il y avait de beau,

D’unique en son château…

Se croyant dans le vrai

Manipulateur qui se dit manipulé

Voulant toujours avoir raison

Sans se remettre en question,

Il devient

A la fin

D’un été

"qui vous savez".