L'ABECEDAIRE: K ... comme KANE (Note du 27 MAI 2003)
K
comme Kane...
ce texte est à vous Nous vous l’offrons.
Faites-en la lecture que vous désirez.
Lisez ceci comme un poème en vers libres, un hommage à Orson Welles ou comme vous le voudrez Imaginez-le chanté par la voix fragile de Jane Birkin, si vous le voulez
Pour nous, c’est en tout cas la clé de voûte de cet abécédaire que nous mettons sous cette forme en ligne ce soir.
Même si c’est absent
Apparemment
De mes mots, de mes textes
Et du reste,
Moi je comprends
Et j’entends
Quelque part
Malgré tout
L’histoire
Un peu floue
De Citizen Kane
Le Grand Kane
A Xanadu
I
l a tout euTout construit
Un empire
Et puis sa vie
Tout à coup
Se déchire :
Une rencontre
Quelques mois
Une histoire
Venue trop tard
Car dans son monde
On ne peut pas,
On ne doit pas
Sans mémoire
D
eux femmes dans le jeu,C’est forcément une de trop.
Citizen Kane a eu les yeux
Un peu trop gros
Et maintenant c’est les tripes qui paient
L’addition se révèle salée
Car l’autre est là
Qui pleure et qui exige
Et qui s’en va
Et qui revient qui fustige :
La seconde devient alors un cadeau
A immoler sur l’autel des sanglots
C
itizen KaneLe cur en quatre
A respecté
Les lois humaines
De son théâtre
De légitimité
Mais dans son âme
Le voici seul à jamais
Et cette femme
Japanese Girl envolée
Pèse bien lourd
Sur les tours
De Xanadu :
C’est à devenir fou
T
oute une enfanceAbandonnée
Négligée
Refait surface
Dans la glace
Avec ses traces...
Rosebud le traîneau
Tant aimé
A brûlé.
Il contemple son empire
Qui maintenant est le pire
A ses yeux :
Il est malheureux.
L
es lumières se diluent dans la pluieA Paris
Comme la brume
Au matin
Sur les plaines
D’Italie
Comme les larmes
Dans les yeux d’une femme
En allée
C
e qui ne devait pas être ditLe grand secret est ici :
Il a renoncé
A tout ce qu’il rêvait
Ne demeure
Que la fureur
Citizen Kane
Pour se venger de lui-même
Perd le fil, perd la boule
Se saborde, se coule.
Il verse dans l’extrême
Lançant des anathèmes
Il vitupère
Comme un gosse en colère
Laissant derrière lui
Quelque cadavre exquis
C’est tant pis
Pour ceux-la, pour ceux-ci
Qui " passaient " par ici
M
égalo,Parano,
Il en fait beaucoup trop
Et fiche tout à l’eau
Ce qu’il y avait de beau,
D’unique en son château
Se croyant dans le vrai
Manipulateur qui se dit manipulé
Voulant toujours avoir raison
Sans se remettre en question,
Il devient
A la fin
D’un été
"qui vous savez".