J comme Jeu...

 

Le " Jeu "…

C’est par ce " terme " que le milieu libertin désigne souvent ces pratiques…

Pour beaucoup, il s’agit avant tout de jeux de rôles, même si quelques-uns uns prennent leur rôle très (trop) au sérieux.

Un jeu de rôle atteignant au pouvoir : qui le donne, qui le prend, qui l’offre, qui l’accepte et qui y fait quoi, pour ne pas dire qui en fait quoi ?

Nous avons dit ailleurs que le but ultime du " jeu " est le plaisir même si celui-ci s’obtient par des actions qui ne sont pas comprises (ou admises) par le plus grand nombre…Et nous ne parlerons pas ici du " NORMAL "…puisque personne n’a encore été capable de définir ce que doit " renfermer " ce concept.

En effet, le Pape, qui nous dit que seul l’acte sexuel en vue de procréer est normal (et il ne parle pas, bien sûr, de la notion de plaisir) représente des millions de chrétiens…Nous décrit-il pour autant la NORMALITE ?

" Là où l’idéal ascétique inflige la faute, la culpabilité, la damnation et l’angoisse, l’idéal hédoniste promeut les vertus du jeu, la volupté du hasard désiré, la joie du conflit sublimé, le plaisir du théâtre joué, la sensualité du vertige assumé.

Le corps léger, l’Eros délié, le vitalisme quintessencié, la sexualité déculpabilisée en soulignent la dimension éminemment ludique. "

Il est bien entendu que l’intégrité physique et morale du partenaire ne doit jamais être mise en danger malgré ce qu’une certaine presse veut nous faire accroire en se servant d’une affaire qui fait sensation ces jours-ci…

Il est un fait que pour certains, la gamme de ces jeux varie entre ce qui se situe dans le " soft " ou dans le " hard ". C’est certainement chez nous l’éternelle question qui débouche toujours sur un puits sans fond.

Ce qui distingue le " hard " du " soft " est tout simplement le niveau du déni de chacun : ce qui sera " hard " pour nous apparaîtra peut-être comme " soft " aux yeux de quelqu’un d’autre. L’essentiel étant de demeurer fidèle aux règles définies à deux et donc de se demeurer fidèle à soi-même…

Puisque nos contrats, lorsqu’ils sont établis entre de vrais pratiquants (nous excluons ici les simples " consommateurs " qui feront l’objet de " O comme Occasions ")mettent en " jeu " dans le jeu les aspirations de l’un (e) sur lesquelles l’autre offre une garantie des limites consenties.

En définitive, c’est le " Je " qui mène le " jeu ", comme sujet ou comme objet mais toujours actif (et réactif).

Nos jeux sont tout sauf affrontement inégalitaire, et même s’ils théâtralisent les rôles du " dominant " et du "dominé", ils sont précisément à l’opposé de ce que la philosophie nietzschéenne a défini comme "rapports du maître et de l’esclave".

En outre, si la langue française emploie le mot " pervers " il ne faut pas confondre les deux acceptions qui en découlent : la perversion et la perversité.

Si la perversité est, malheureusement, la propension à faire LE Mal (dans l’absolu), la perversion est surtout simplement un comportement (souvent sexuellement typé) qui n’entre pas dans les NORMES du grand nombre…

Alors, qu’on laisse à nos " joueurs " le droit de se faire plaisir en jouant avec leur perversion, ils ne font de mal à personne , même pas à eux-mêmes (sourire) et que les gens atteints de perversité soient soignés, eux, oui…

Il existe, malheureusement quelques personnes qui associent les deux composantes…

 

" L’érotique solaire s’appuie sur une formidable volonté de jouissance dont le principe axiomatique suppose un grand oui à l’existence, un double et mutuel consentement immédiat aux forces qui nous travaillent et menacent débordement. "

NB : Les textes imprimés en rouge sont extraits de :

" Théorie du corps amoureux " de Michel Onfray (Grasset et Fasquelle – 2000 ).