G comme guide...

 

Et le regard, le regard même sans larmes... qui dit, qui clame...

 

Contrairement à ce que croit une majorité non initiée, les maîtres mots de nos pratiques ne sont pas douleur, mal, souffrance mais confiance, respect, complicité et tendresse.

C’est une relation égalitaire où les deux doivent donner autant que recevoir.

Certains emploient le mot " maître " pour définir ce qu’ils considèrent comme leur statut dans les relations qui sont les nôtres.

Et pourtant, ils n’existent dans leur " fonction " que par le don de l’Autre.

Nous employons nous plutôt celui de guide, car nous ne voulons retenir du précédent que sa signification étymologique, celui qui maîtrise un savoir, qui fait progresser en apportant, en partageant sa (ses) connaissance(s), qui aide l’Autre à grandir, à se réaliser.

Et c’est bien la moindre des choses de la part d’un " maître " de maîtriser sa pratique...

Il doit avoir le désir, la capacité, (et le temps) de faire progresser celle qui lui a donner , qui lui a remis les clés du pouvoir.

Le rôle du Guide demande beaucoup d’humilité (savoir se remettre en question sans cesse), d’écoute (entendre les non-dit), de patience. Il doit savoir se mettre au niveau de " jeu " de sa partenaire afin de l’élever et par là même, s’élever lui aussi.

Ceux qui sont toujours " sûrs d’eux ", sûrs de TOUT vont souvent, à terme, vers l’échec de leur relation.

Un guide ne doit jamais oublier qu’il est avant tout là pour l’autre...

Les vraies limites d’un guide sont celles de son équilibre... Il ne doit pas se laisser entraîner par le vertige (de ses sens ou les demandes de l’autre).

Tout comme il doit pas mélanger ces actes transgressifs, mais amoureux dans sa recherche de l’autre, avec un règlement de comptes (vis à vis de sa vie et de ses frustrations comme vis à vis d’une éventuelle dispute).

L’autre n’est pas là pour servir d’exutoire ou d’objet de vengeance.

Le " but du jeu " n’étant pas la douleur mais avant tout le plaisir.

Et si le plaisir est l’essence de nos pratiques, l’Amour en " valeur ajoutée " en fait la quintessence.

Lorsqu’un amour réciproque (et j’insiste sur cette réciprocité) vient souder ce type de relation, celle-ci s’en trouve renforcée, renforçant dans un mouvement exponentiel les sentiments qui l’accompagnent.

Et comme dans toutes les relations humaines, celle-là ne doit pas être statique pour avoir une chance de perdurer.

C’est ici que le degré d’écoute, d’attention à l’autre est primordial, afin de saisir ses attentes, ses désirs.

Pour nous, ce ne sont pas des pratiques sexuelles divergentes, ni un mode de vie, mais un art d’Aimer.

Pour mieux saisir mon propos, voici un post qu’Aurora fit, il y a quelques mois, ailleurs, sur un forum :

" Tu me reconnais telle que je suis, tu m'acceptes. Mieux... Tu m'aides à me sublimer en étant ce que toi, tu es, si le hasard te fait l'être depuis plus longtemps que moi. . . . Tu me donnes un peu du souffle qui t'anime pour me permettre de parvenir à me nommer avec fierté.

Tu ne te veux donc pas Maître mais guide et guide bienveillant, tu m'accueilles dans mes propres méandres, tu m'aides à les déchiffrer, à mettre un nom sur eux.

Et si tu m'insuffles le courage de me dire soumis(e), ce don que je reçois de toi, je te le rends, moi, en te faisant Maître.

Un jeu dans l’accord parfait... où chacun reçoit son identité, son rôle, de l'autre.

Dans ce jeu raffiné, où tout est à double sens, où qui perd gagne, où une ombre de peur vient troubler le plain-chant des ténèbres (un simple bandeau sur les yeux et quel univers d'imaginaire commence à s'étendre! ), où une once de douleur peut être la porte ouverte à mille plaisirs exquis, les seuls mots qui doivent régner en " maîtres " sont la confiance totale, le respect mutuel et la complicité,

Ta main qui m'enveloppe d'une corde, c'est ta main, je la choisis....Ce corps que le dessin de ta corde réinvente à chaque fois, c'est mon corps, tu le choisis... Et là, c'est l'amour en plus...

Qu'est-ce qu'un maître ? Rien, si au bout, il n'est pas rempli de quelque chose de plus: une infinie reconnaissance de ce qui lui a été offert. . .

Qu'est-ce qu'une soumise ? Rien, si au bout de quelques heures, elle n'est pas enveloppée de cette sensation nouvelle: une joie enivrante d'avoir donné... ".

NOUS AVONS CENSURE LE DERNIER PARAGRAPHE.