PASTICHE.

 

Un " pastiche " c’est l’imitation du style d’un écrivain.

Pour m’être livrée ici-même il y a quelques jours à une " Aragonade " mal comprise, je ne ferai pas deux fois la même erreur: en proposer un sans l’accompagner de son modèle.

Là où j’avais beaucoup souri à le mettre en forme, certains ont vu dans ce texte la cigüe que je n’y avais pas mise (pas plus qu'à l'habitude sur ce sujet dirons-nous tout au moins, voir plus bas pourquoi...)

Voici donc à titre d'exemple une " Eluardise " dont je propose en première ligne le texte original.

 

J’ai fermé les yeux pour ne plus rien voir

J’ai fermé les yeux pour ne plus pleurer

De ne plus te voir.

Où sont tes mains et les mains des caresses

Où sont tes yeux les quatre volontés du jour

Toi tout à perdre tu n’es plus là

Pour éblouir la mémoire des nuits.

Tout à perdre je me vois vivre.

(Paul ELUARD)

 

Et, à ma sauce :

J’ai verrouillé mon clavier pour ne plus écrire

J’ai verrouillé mon clavier pour cesser

D’enflammer les lignes.

Où sont les temps et les heures passés

Où sont les mots les quatre vérités des jours

Eux tout à craindre ne sont plus là

Pour dire la mémoire du lieu.

Tout à craindre je Le vois rire.

PS: Ceci étant à prendre (à lire) entre les lignes ...

Car je ne regrette en rien mon "Aragonade"...En effet, si j'avais choisi la "forme poétique"pour répondre au texte qui était visé, c'est parce que je savais qu'elle m'imposerait un cadre qui éviterait tout débordement. Vu le texte auquel je "répondais", ma prose (si j'avais choisi ce moyen) eut été nettement plus dure et aurait marqué avec bien plus de force mon indignation.

Trop d'ironie finit par tuer l'ironie et il y a des moments où la coupe du cynisme déborde.

Aurora, qui assume seule ce post.