Le guide de la flagellation selon Grim

 

 

Ce texte est la traduction du "Grim’s Guide to Flogging" qui fut publiée sur le site bdsmfr.com [qui n’existe plus]. Selon son traducteur, «il s’agit d’un guide pratique de la flagellation avec une orientation sensuelle avant tout».

 

Considérations légales:

 

Quelles qu’en soient les modalités, frapper le corps humain doit être considéré comme dangereux. Comme je ne suis ni médecin ni avocat, ce qui suit doit être considéré comme mon opinion, et non comme une recommandation à appliquer lors d’une activité quelconque.

 (Je vous rappelle qu'en France, l'accord préalable de la personne soumise ne met pas le flagellant à l'abri d'éventuelles poursuites. Soit du fait du flagellé si il ou elle estime que les limites ont été dépassées, soit, même si cela est rarissime, directement par le Parquet. MARDEN).

 

Rien ne peut remplacer l’expérience personnelle et l’apprentissage avec ceux qui en sont passé par là avant nous. Aujourd’hui se déroulent ici et là des ateliers et des démonstrations. Essayez d’y assister. Je n’ai aucun contrôle sur l’utilisation qui sera faite de cette information, faites en ce que bon vous semble, et quoiqu’il en soit soyez attentif et prudent et soucieux de la sécurité de votre partenaire.

 

Avec quoi?:

 

Pour le moment, nous appellerons un "martinet" (NDT : « flogger » en anglais) tout outil flexible doté de multiples lanières faites de bandes de cuir ou de matériaux similaires et destinés à être utilisé sur le corps humain.

 

Concrètement, il ne s’agit donc pas de fouets classiques à une seule lanière, de martinets à lanières tressées (NDT : "braided cat-o-nines " en anglais), juste de simples martinets. Un fouet à lanières tressées est assez semblable à un martinet par de nombreux aspects, mais provoque une "sensation" assez différente, même chose pour les fouets ayant des nœuds aux extrémités des lanières que nous laisserons de côté.

 

Il y a quelques années, les martinets étant moins facilement disponibles, beaucoup de gens fabriquaient le leur dans des styles assez différents. Même si vous n’avez aucune intention de faire de même, quelques principes de base sur le design des martinets vous aideront à choisir celui qui vous convient parmi l’énorme quantité d’objets de piètre qualité qu’on peu trouver un peu partout. Je ne m’étendrais pas sur les designs particuliers ou originaux qui sont traités ici et là.

 

Comme Janet Heartwood (NDT : artisan américain célèbre dans le milieu BDSM outre Atlantique : http://www.heartwoodwhips.com) a défini une classification et rédigé un ensemble d’informations intéressants dans son « Heartwood Catalog », j’ai utilisé le même format pour rédiger mon listing des matériaux présenté ci-dessous. Ceci étant, je ne les ai pas classés dans le même ordre.

 

 

Notes sur le Design:

 

Pour une énergie donnée quelle qu’elle soit, plus la surface sur laquelle cette énergie est concentrée est petite, plus le dommage potentiel causé est important. Songez à la lame d’un couteau comme version extrême de ce principe. C’est la raison pour laquelle les lanières des martinets de qualité ont souvent des bords arrondis. Bien que les bords droits demandent moins de travail au fabricant, les bords arrondis sont préférables. Plus les lanières sont larges, plus la surface devant être propulsée dans l’air l’est, et encore une fois, plus la surface qui va atteindre la peau en une seule fois l’est également. D’ou une sorte de règle: à matériau égal, les lanières fines cinglent (« sting » en anglais), les lanières larges provoquent une sensation sourde (« thud » en anglais). Par exemple, des lanières fines tressées, cinglent plus que des lanières plates de 1,5centimètre de large.

 

Toutes choses étant égales, plus un martinet a de lanières, plus elles se déplacent lentement dans l’air et plus les lanières sont longues, plus l’énergie augmente. Ces deux points font que les martinets peuvent être lourds, mais plus les lanières sont longues, plus leur contrôle est difficile, de ce fait, la plupart des martinets "standards" ont des lanières d’une longueur variant entre 38 et 55cm. Il est possible de faire des choses intéressantes avec un martinet long comme recouvrir un dos entier en une seule fois, mais ce n’est pas recommandé pour les débutants, car ce genre de manœuvre demande beaucoup de pratique. Les martinets très courts sont utiles pour pratiquer de très près ou sur une surface précise et limitée. Les martinets classiques possèdent entre 15 et 25 lanières, le double donne une version plus lourde du même design.

 

Pour des raisons de sécurité, les lanières doivent être très fermement fixées à l’extrémité du manche, c’est à cet endroit que le martinet subit une déformation la plus importante. Certains fabricants utilisent un gros nœud de cuir pour enserrer cet endroit, réduire la tension et s’assurer que les lanières restent bien en place. Le manche doit travailler avec votre main, pas contre votre main, il ne doit être ni trop large ni trop étroit pour assurer une bonne prise. Un autre nœud à l’extrémité du manche permet d’éviter de glisser dans la main. Les manches courts sont meilleur pour le contrôle, les manches longs assurent un bras de levier plus important et donc propulsent les lanières avec plus d’énergie. Le poids du manche doit être équilibré avec celui des lanières (c’est un point assez personnel. Cet ensemble de caractéristiques fait qu’il est préférable de pouvoir manipuler un martinet avant de l’acheter.

 

Au delà du poids, de la longueur ou de la largeur, la caractéristique la plus importante est le matériau lui-même. J’ai personnellement une expérience avec ceux qui sont décrits ci-dessous, peut-être que d’autres pourront compléter. La liste des matériaux décrits ci dessous procure des sensations qui vont du "ah bon? Tu as déjà commencé?" au "oh nom d’un chien!!". Répétons-le, plus le matériau est doux et léger, plus la pratique est sûre (et plus la séance peut se prolonger sans risque) et plus la sensation est douce.

 

Comme toujours, LE DOMINATEUR (OU LA DOMINATRICE) RESPONSABLE TESTE sur lui/elle-même avant de toucher son/sa partenaire, et vérifie son matériel avant chaque utilisation.

 

Liste des matériaux:

 

Un peu de laine de coton - Sécuritaire pour qui ne possède aucune expérience dans l’art de fouetter.

 

Chamois : un matériau plus solide que le suivant. Un martinet de 20 lanières de 1 cm de large est un outil idéal pour flageller un novice complet ou quelqu’un qui n’est intéressé que par des sensations extrêmement légères. Ce type de matériaux ne procure rien au-delà d’un peu de bruit et de quelques sensations très très légères. Ah si.. il peut provoquer une autre chose, un regard interrogateur de votre partenaire vous demandant si c’est tout ce que vous avez prévu...

 

Tissus : La soie et d’autres tissus doux peuvent être utilisés pour les lanières. Evitez les modèles dont les lanières sont constituées de deux lanières (ou d’une pliée en deux) cousues autour d’un tube aplati. Le tissus donne des résultats similaires à ceux du chamois, les couleurs sont plus décoratives, et en général ils sont lavables. Daim- doux et caressant, très légèrement cinglant, procure principalement quelques légères sensations sourdes et pas grand’ chose d’autre. Sauf à frapper avec une violence exceptionnelle, un martinet en daim peut être utilisé pendant une durée très longue sans provoquer aucune réaction notable sur la peau du partenaire, au-delà d’une très légère irritation. C’est mon matériau favori pour les jeux très légers ou les pratiquants les moins expérimentés.

 

Cordage : en nylon léger [à partir de 3mm de diamètre]- Faites 15 cercles avec des brins de 85cm de long, attachez les ensembles par une extrémité terminée par un nœud Coupez l’autre extrémité [les lanières vont faire environ 35/40 cm], et attachez le tout à une poignée. Deux sensations, une première très légère provoquée par un "brossage" avec les extrémités seules, et une sensation plus consistante, en utilisation normale. Simple, facile à nettoyer, bon marché, d’autant que des cordes de poids différents sont facilement disponibles.

 

Elan : plus lourd que le daim, mais souple et doux, procure des sensation presque exclusivement sourdes (non cinglantes donc). Un martinet formidable pour une montée en puissance très graduelle, très agréable pour le partenaire et qui peut être utilisé avec une énergie étonnante avec un risque vraiment minimum. Les trois variétés suivantes sont constituées de cuir de vache, le cuir « standard ». Il n’y a pas de termes spécifiques pour la coupe ou le mode de tannage, mais on peut les classer par poids et type de cuir.

 

Suède : Fait partie des variétés les plus légères, un peu plus dur que l’élan, un peu plus lourd aussi, juste en dessous de l’épais « Topgrain » ci-dessous. Nombre de martinets sont fabriqués à partir de différents suède « splits », peu chers et simples à travailler. Procurent des sensations plus importantes aussi bien dans la gamme cinglant que dans la gamme "sensation sourde", ils peuvent marquer en cas d’utilisation énergique.

 

Cuir Topgrain : ces cuirs doux crée une abrasion moindre que les suèdes, cela dit ils procurent sur la peau des sensation plus cinglantes. Disponible en différents poids, depuis le cuir léger destiné à l’habillement jusqu’aux cuirs épais utilisés pour les selles. Les variétés les plus souples sont recommandées.  

 

Cuir épais tanné à l’huile : un cuir épais, lourd, moins flexible que les cuirs plus fins. La sensation est proche de celle d’un cuir d’élan très épais, mais avec une sensation d’impact nettement plus violente.

 

Bison : un grain assez frustre intéressant, lourd, très peu flexible, si une attention toute particulière n’a pas été apportée à la finition des lanières, elles peuvent s’avérer coupantes pour la peau. Ce n’est vraiment pas un matériau pour débutant, mais dans certains cas bien spécifique il peut être intéressant sous réserve de savoir à quoi s’en tenir.

 

Caoutchouc : matériau flexible, mais qui procure une sensation assez violente, laisse immédiatement des marques. Le ratio poids/résistance à l’air est très différent de celui du cuir. Extrêmement simple à nettoyer.

 

Crinière de cheval : Extrêmement cinglant avec aucune "sensation sourde", les sensations restent entièrement au niveau de la peau et sont relativement irritantes. La crinière de cheval peut provoquer des coupure de la peau et même appliquée légèrement elle provoque une sensation de cinglement intense et généralement décevante. A mon avis il faut être très vigilant avec ce type de matériaux à la propreté et aux fluides corporels (sang, sueur..).

 

Outre les sensations provoquées, la plupart de ces matériaux ont des caractéristiques de toucher et/ou d’odeur qui peuvent plaire à certains, à l’exception des tissus, nylon et cuir huilé [qui généralement sent assez mauvais]. Tous peuvent permettre de fabriquer des martinets au look intéressant, et la quasi-totalité sont vendus par le biais de boutiques ou de catalogues.

 

 

 

 

Technique :

 

Beaucoup a déjà été discuté, expérimenté, débattu et contre-débattu ici et là sur cet aspect très personnel qu’est la technique, mais comme ce texte se veut être une suggestion générique pour les débutants, peut-être est-il possible d’éviter les débats interminables associés inévitablement à la question.

 

 

 

Où fouetter? Où ne pas fouetter?

 

Comme la flagellation est quelque chose qui recouvre des activités assez différentes, j’ai pris la liberté de séparer les choses entre la flagellation « de surface » [axée sur les aspects cinglants, travaillant sur la surface et l’impliquant pas de tissus plus profonds], et la flagellation plus « profonde » [cinglante et/ou "sourde", dont la sensation atteint des tissus plus profonds]. Pour situer les choses, il est impossible de pratiquer une flagellation ’en profondeur’ avec un martinet de 20 lanières en chamois, et assez difficile de pratiquer une flagellation "légère" avec autre chose que du Daim dans la suite de matériaux présentés ci-dessus [à l’exception de la crinière de cheval, un matériau qui procure exclusivement des sensations en surface]. Bien sûr, tout ce qui suit relève de « possibilités » physiques basées sur ma perception de la sécurité, les limites respectives des partenaires [qui ne sont pas forcément égales aux miennes que ce soit dans un sens où dans l’autre] doivent bien évidemment être respectées.

 

Où ne jamais flageller quelles soient les circonstances:

 

Pour des raisons de sécurité évidentes. Le visage, la tête, le cou, les doigts et doigts de pieds, sur la peau en cours de cicatrisation [si vous avez l’intention de cicatriser un jour].

 

Où flageller avec une *extrême* légèreté et une extrême prudence... voire pas du tout:

 

[Je parle là d’un balayage avec les lanières plus que d’un véritable impact, et avec un matériau TRES LÉGÈREMENT cinglant comme le chamois ou la crinière de cheval décrits ci-dessus] Les paumes et le dos de la main, sur toutes les jointures quelles qu’elles soient, sur toute la surface entre le bassin et le bas des côtes [À cause des reins et autres organes internes], la colonne vertébrale, le dessus et le dessous des pieds.

 

Note: Les pieds et les mains contiennent de très nombreux petits os qui se remettent particulièrement mal. Les inconscients feraient bien de conserver ce point en permanence à l’esprit. Les jointures répondent très mal au stress qu’il soit interne ou externe. Le but de la manœuvre n’est pas de s’estropier ou à moins d’avoir une machine à rayon X sous la main (ce qui dans la vraie vie ne se rencontre pas très souvent) il est impossible de prévoir quoi que ce soit.

 

D’autre part, les organes internes sont plus fragiles que ce que l’on pourrait penser, ne flageller jamais dans une zone où ils sont vulnérables. D’assez nombreuses personnes ont par ailleurs des problèmes physiques dans telle ou telle zone, il va de soi qu’elles sont à manipuler avec une "extrême" précaution, l’idéal étant de les éviter scrupuleusement!

 

Où flageller légèrement:

 

Les bras, avant bras, intérieur des bras, poitrine, zones génitales [la peau y est évidemment plus fragile], le dessous des bras, le haut des fesses près de la colonne vertébrale, la zone de part et d’autre de la colonne vertébrale, les côtes qui ne sont pas protégées par des muscles.

 

N.B.: Il est bien évident qu’un impact sourd (par opposition à un impact cinglant) sur des seins est à éviter scrupuleusement pour des raisons de sécurité. Le haut des fesses protège le coccyx, un petit os triangulaire fragile à la base de la colonne, bien évidemment éviter d’atteindre cet endroit.

 

Où flageller plus énergiquement

 

Les fesses, le haut du dos de part et d’autres de la colonne, les cuisses, le bas des épaules. Ces zones sont constituées d’os épais protégés par des muscles et une couche de graisse, il y a très peu d’organes sensibles en dessous et ces zones musculaires leur assurent une bonne protection. Pour cette raison ces zones ci sont classiquement concernées, elles réduisent au maximum les risques de dommages, permettant une pratique aussi sure que possible.

 

Considérations sur la position:

 

La position du corps conditionne celle de la peau et des muscles. Lorsque le partenaire est penché en avant, les muscles tendus ne sont plus aussi épais et offrent donc une protection moindre. De la même façon, si la peau est tendue elle va réagir de façon plus forte que si elle était relâchée.

 

Flageller quelqu’un qui se tient debout sans maintien risque de le/la faire tomber et est à mon avis une manœuvre irresponsable étant donnés les effets tant physiques que psychologiques de la flagellation [’sensation de flottement.’]. À l’inverse, un bondage partenaire debout va se transformer sans aucun avertissement en suspension partielle si pour une raison quelconque le partenaire défaille, il faut prévoir cette éventualité.

 

Comment?:

 

Répertoire technique:

 

Principe imparable, plus on connaît de façons différentes d’effectuer un geste, plus il devient possible de produire des effets différents, et moins on se fatigue le bras. La capacité de varier le style et le type de mouvements est donc une bonne chose pour les deux partenaires. Pratiquez les exemples de mouvements décrits ci-dessous jusqu’à être capable de les effectuer en jouant sur la direction ou la vitesse, ils procurent tous des sensations assez déférentes. Connaître la technique est une bonne chose, savoir quand utiliser quoi est une autre paire de manches qui est bien au-delà de l’objet de ce texte.

 

 

Les différents styles de mouvements:

 

Je connais quatre façons basiques de terminer le mouvement quelle qu’en soit la force :

 

Les lanières retombent à plat, toute l’énergie arrivant en un seul endroit [les lanières rebondissent ou retombent verticalement juste après]. Les lanières font un mouvement de balayage, une partie d’entre elles touche puis continue son chemin au delà de la zone d’impact. Vous pouvez alors les arrêter [voir plus bas le passage sur la précision], ou utiliser un mouvement elliptique pour les rassembler, faisant par exemple un 8 horizontal ou vertical.

 

Les lanières frappent, puis dépassent rapidement leur cible et repartent en sens inverse grâce à un mouvement de rotation rapide. S’il est suffisamment rapide, il est possible de donner l’impression d’un mouvement continu et alors le toucher léger et précis peut procurer des sensations très intéressantes. Les lanières sont utilisées sur leur extrémité (par opposition aux mouvements précédents qui les utilisent à plat) pour donner une sensation de ’fouetté’ sur un point de simulation plus petit, le tout provoquant une sensation plus légère et plus précise.

 

Les lanières atterrissent toutes en même temps sur le corps dans un mouvement puissant procurant l’effet d’un choc sourd plus que d’un balayage. Difficile à décrire et peu courant. Un mouvement difficile et puissant.

 

Chacun de ces mouvements et toute leurs variantes sont principalement dirigés et impulsés par le poignet seul, ou par le bras et le poignet se déplaçant ensemble, cela dépend de l’énergie du mouvement et de l’effet que vous recherchez. Un martinet bien équilibré requiert moins d’efforts et peut être utilisé plus longtemps avec une fatigue moindre.

 

 

Expérience:

 

Je tiens à ajouter ma voix au concert de ceux qui soutiennent qu’une mauvaise technique est inexcusable, et ce même si nul n’est infaillible. Envoyer un coup de martinet mal ajusté dans un endroit inapproprié ne doit jamais être pris à la légère. La flagellation peut devenir un véritable art qui peut être appris comme toutes les disciplines physiques par l’observation et une pratique assidue. Pratiquer dans le vide permet de s’accoutumer au poids et à la cinématique du martinet, mais il n’y a guère de substitut au travail avec un véritable impact. En général il est courant de conseiller de s’entraîner avec un oreiller maintenu par un partenaire de telle façon que les mouvements soient possibles. Ca fonctionne assez bien et permet une simulation assez réaliste. Si, ce qui est probable, vous n’avez pas d’oreiller en velours sous la main, une serviette enroulé autour d’un oreiller classique fera l’affaire, vous pourrez voir l’empreinte de l’endroit exact ou les lanières ont touché le tissus. Lorsque vous serez capable de placer toutes les lanières dans une zone prédéterminée sur l’oreiller entraînez-vous à modifier le point d’impact jusqu’à ce que vous soyez capable de savoir avec précision à chaque fois ou vos lanières vont atterrir. Ensuite pratiquez en variant la vitesse, l’intervalle entre les impulsions et la force des coups sans sacrifier à cette précision. Quand vous aurez atteint ce stade, essayez des variations en " sentant " chaque variante jusqu’à ce que vous soyez capable de prévoir le comportement de l’instrument, et à partir de ce moment à seulement commencez à envisager de pratiquer avec un(e) partenaire.

 

Précision:

 

Les lanières d’un martinet [contrairement à la lanière d’un fouet classique à une seule branche] « couvrent » naturellement une zone plus large et de ce fait sont plus difficiles à contrôler. Si vous faites attention à ne pas vriller le manche le premier coup sera probablement précis avec les lanières regroupées. Malheureusement les suivants le seront nettement moins si vous ne surveillez pas le comportement des lanières entre les coups. Les lanières peuvent être bloquées par la main libre, le torse ou la jambe à la fin de chaque mouvement de façon à en contrôler des mouvements qui peuvent devenir désordonnés. Ce faisant le coup suivant sera plus précis car les lanières seront regroupées à chaque impulsion. Il est également possible de les arrêter lorsqu’elles sont encore en l’air mais c’est naturellement plus compliqué. Avec de la pratique, un martinet bien conçu dont les lanières regroupées forment un cylindre de 5cm de diamètre environ peut être placé avec précision dans une zone de 7 à 10cm. Une suggestion pour les débutants, commencez avec le partenaire penché en avant le visage vers le sol et tenez vous derrière lui/elle à genoux ou les jambes écartées. La position est un peu étrange mais en fouettant vers le bas, la gravité vous aidera à mieux diriger les coups. Atteindre en rythme une partie du corps qui dépasse assure une bien meilleure précision. Le postérieur du partenaire flagellé se tenant debout, appuyé contre un support rigide en est un exemple classique. Un balancement du fouet alternativement sur chaque côté peut facilement atteindre uniquement l’endroit désiré laissant le bas du dos et le haut des cuisses intacts. Certains vêtements peuvent aider à travailler cette précision, les corsets par exemple qui peuvent assurer une bonne protection des reins et peuvent agir comme une sorte d’armure empêchant tout faux mouvement.

 

L’enroulement:

 

Si le milieu des lanières atteint en premier un bord arrondi du corps et que le reste des lanières s’enroulent en suivant la courbe, l’extrémité des lanières accélère plus que ce que le mouvement initial avait impulsé [c’est un pur problème de physique (la science). Essayez sur un corps inanimé… [vous verrez]. C’est un enroulement… et c’est généralement une très mauvaise chose qui peut provoquer des coups assez durs et involontaires sur des zones qu’il n’était pas prévu de toucher ou faire voler en éclat le contrôle global des lanières. Lorsque vous pratiquer avec un(e) partenaire, le fait de tenir le martinet à la même distance que celle que vous utilisez lorsque vous vous entraînez fait gagner en précision, comme c’est le cas avec le fait de planifier à l’avance et avec précision l’endroit ou les lanières doivent tomber pour chacun des coups, évitant de cette façon ce phénomène d’enroulement autour des zones courbes du/de la partenaire. Rester en permanence à l’affût du comportement des extrémités des lanières est de loin la façon la plus efficace d’éviter le phénomène d’enroulement. S’il vous pose problème, vous pouvez placer un coussin ou un oreiller de part et d’autre de votre partenaire pour protéger ses flancs en attendant d’être plus sur(e) de vous [ce truc fonctionne également très bien avec les canes souples et les cravaches].

 

Pendant une scène:

 

À quelle fréquence?:

 

Une moyenne d’une frappe que toutes les quelques secondes est une bonne base, excepté la technique de rotation décrit plus haut (au point 3) qui si elle est appliquée rapidement donne une sensation de contact continu.

 

L’alternance « coup-repos-coup » permet à chaque sensation de se développer et une fois mis en place, ce rythme peut être facilement modifier pour produire un effet particulier. Il fait peu de doute que certains vont être d’un avis différent du mien sur la question mais je suis convaincu que ce rythme d’un coup régulier toutes les une ou deux secondes est simple à maintenir dans la majorité des cas.