INTERMEDE:

Avoir une sexualité différente...

Avoir une sexualité différente est un chemin personnel qui peut être semé d’épines ou de pétales de roses (parfois même les deux), selon les jours, selon les époques d’une vie.

Que j’aie été ce que je suis, je pourrais vous dire qu’enfant, je le savais déjà…

Et pourtant, il ne sert à rien d’aller chercher de ce côté là : j’étais une petite fille très choyée, très aimée…

Je me souviens cependant d’une scène : j’ai huit ans, c’est en plein été provençal, lourd, pesant, sonore, on entend les cigales…Avec un petit camarade de l’époque, nous sommes assis près d’un ruisseau et soudain, je lui tends mon bras et je lui demande de me mordre " pour de vrai "…instinct, plaisir déjà…

A cette scène, j’associe toutes les touches de sensualité possibles : lumière, bruit, chaleur, sensation…

Plus cérébral : au même âge, je fais de la danse classique : j’aime les ordres donnés par la " maîtresse de ballet ", la discipline qu’il me faut imposer à mon corps, progresser, progresser, se demander toujours plus…

Ce n’est qu’un peu plus tard, au hasard des livres qu’adolescente j’ai mis un mot sur ce qui était en moi…De Mandiargues à l’Histoire d’O , mes seize ans avaient l’esprit vif et savaient se reconnaître.

En revanche, j’ai toujours associé cette sexualité à l’amour, un amour monstre et absolu…La recherche assoiffée de celui qui me tiendrait la main, qui me guiderait dans le respect et la complicité. Dans la bienveillance. C’est ça en fait un Dominant, un Maître. Le reste : le cuir et le fouet ne sont qu’ images ressassées et aussi, pour ceux qui pratiquent, seulement instruments pour "jouer" par "tiers" interposé mais la relation, la vraie, reste exclusivement duelle…

Rien de tout cela encore dans mes amours de jeune fille.

Mais à l’époque où nous passions d’un flirt à l’autre sans problème, je rêvais d’un amour qui m’attacherait, d’un amour auquel, tel le lierre, je m’agripperais…Attacher, telle était bien l’image, déjà. Sourire…

L’autre livre de chevet que j’avais en ce temps-là était " Belle du Seigneur " d’Albert Cohen. Je pense que maintenant vous me comprendrez mieux.

Dans la vie de tous les jours, on ne fait pas de ces rencontres …

On essaie dans un premier temps d’en parler à mots couverts à son compagnon, à son conjoint…

Lorsque ceux-ci ne sont pas portés sur le même monde, il est inutile d’insister.

Alors, soit on garde tout cela dans son armoire à linge dans les tiroirs secrets qui fleurent bon la lavande fanée, soit on se donne les moyens de passer à l’acte en rejoignant le milieu concerné.

Deux possibilités : le hasard (j’ai eu ma première rencontre par un hebdo local) et Internet (j’ai rencontré mon Amour sur le site de Monsieur X.).

Aujourd’hui, les jeunes chattent sur Internet, pour eux la distance kilométrique est ainsi abolie, la rencontre virtuelle ne pose point problème.

Pour moi, il n’en était pas de même. Et c’est en cela que le site de Monsieur X. était exceptionnel, parce qu’il offrait une qualité remarquable à cette époque-là…

Certains parmi vous se demandent peut-être pourquoi nous avons choisi de faire un blog pour raconter, avec l’abécédaire, cette histoire de serveur libertin.

Et bien, parce que cette histoire est VIRTUELLE,mais qu’elle a eu des enjeux phénoménaux dans ma vie (mon Amour a nettement mieux tenu le choc..rire!) et dans celle de quelques autres, tout ça pour des rapports de force VIRTUELS, parce qu’un webMaître s’est cru attaqué un jour VIRTUELLEMENT, et que du même coup il a VIRTUELLEMENT démoli des gens …

Mais qu’à l’arrivée, le mal fait fut CONCRET.

Et puis aussi pour attirer l'attention sur la malveillance VIRTUELLE mais active qui, avec les moyens existants sur le Web, fait de vos ordinateurs des passoires avec toutes les conséquences qui peuvent en découler...

Voilà ! Demain dimanche, nous marquerons une pause…

Pensez-donc : le jour du Saigneur !