LE SEXE, EFFET DE MODE

Comme chaque été, les magazines font leur numéro " hot ", j’entends dire leur "spécial sexe".

Cette semaine, c’est le tour du Nouvel Obs, tout entier consacré aux " nouveaux comportements amoureux "…

Bien que dans la liste le BDSM n’occupe qu’une peau de chagrin, il y a quelque chose qui me navre dans ce dossier, il s’agit de l’aspect " mode " du phénomène…Comment en effet qualifier de " nouveaux " des comportements (échangisme, triolisme) que les premiers libertaires (Fourier entre autres) avaient déjà définis autrefois ? On peut même remonter jusqu’aux fameuses orgies romaines…

C’est pourtant ce que fait le psy-sexologue Willy Pasini, allant même jusqu’à conseiller face à cette émergence du désir sous toutes ses formes de dissocier dans la durée l’amour et le sexe, le couple et la sexualité des deux partenaires…

Je m’interroge : qui parle et de quoi parle-t-on ?

Eriger comme une mode, une nouveauté, des choses que les gens portent inscrites dans leur chair (une sexualité transgressive) est dangereux car c’est précisément lui ôter son aspect transgressif, la récupérer à la mode consumériste : hier la trottinette en ville pour les vingt-quarante ans, aujourd’hui la sexualité à la manière Houellebecq-Cap d’Agde (en oubliant que ce fut d’évoquer cette transgression qui fit le scandale autour de l’auteur en question…)

Après l’apéro, la partouze ? En robe adéquate (il suffit de remarquer comment le prêt à porter a récupéré le " dress-code " SM par exemple pour ne plus douter…) et avec le sentiment d’être dans le ton, après tout c’est l’été…

Mais et l’amour dans tout ça ? Peut-il jamais être une mode ?

C’est pourtant lui qui transparaît et qui demeure par exemple, à la fin du livre de Catherine Millet quand le temps des parties fines et des multiples partenaires finit par s’achever... Et d’ailleurs, qui d’autre mieux que son mari la magnifie d’un bout à l’autre de l’âge au travers de son objectif ?

Pour en rester au seul SM, nous avons choisi de faire figurer sur la définition de notre blog " le BDSM comme un art d’aimer "…Les gens qui se montrent vêtus des parures "exhibs" de notre " monde " l’espace d’un été nous font sourire…Willy Pasini un peu moins…

Que notre société marchande s’empare de tout pour vendre est déjà bien triste…Que des voix " autorisées " mais qui pour ce coup n’ont rien compris crient à la mort du couple à cause d’une dérive de " consommateurs " est encore moins drôle…

Une sexualité cérébralisée au maximum ne peut faire l’objet d’une étude comme celle qui concernerait le choix de l’usage du caleçon ou du slip kangourou…

Mais aujourd’hui, hélas, il est devenu si facile de manœuvrer les gens…

Ainsi, chez nous, nous continuerons à voir défiler de faux adeptes convaincus de l’être parce qu’ils ont le "look" (relire notre post " L’offensive SM" du 25/06/03)…Ainsi, les " consommateurs" d’un été ou d’un hiver continueront à chasser sur nos terres d’élection…

Dommage pour celles (et ceux) qui s’y laisseront prendre…

Dommage aussi pour tous les couples qui, écoutant la voix des sirènes de notre bonne presse en mal de ventes, seront convaincus que n’importe quelle expérience, et celle de l’infidélité notamment est le top du top et qui, s’ils ne la vivent pas se sentiront frustrés et qui, s’ils la vivent, risquent un coup sur deux d’y laisser quelques plumes car dans ce genre d’histoire, il y en a toujours un qui cède au désir de l’autre et qui s’en relève malheureux à l’aube.

Seul le partage, le libertinage raisonné (et non pas raisonnable, sourire) sont la source du bonheur.

Pas de pensée unique, pas de sexualité unique !

Et puisque c’est l’été, " vamos a la playa "…Pas obligé qu’elle soit naturiste !


Réponses

arf, tant que les gens ne comprendront pas deux ou trois règles élémentaires en amour, dont la plus importante (et c'est en ce sens que le SM est une métaphore de l'amour plus que du sexe d'ailleurs) est que c'est l'oblatif (celui qui donne chez Platon, le soumis ou passif en langage plus moderne) qui dirige le jeu amoureux, ils continueront à se gargariser d'échangisme sans même se dire que le terme est stupide vu que le seul partenaire sexuel c'est soi-même et que c'est dur de s'échanger soi-même, et stupide parce que par définition l'autre, en tant qu'autre, est interchangeable, et continueront de croire que houellebecq parle de cul alors qu'il parle d'amour.

sinon moi j'ai un rhume, alors je réfléchis pas beaucoup à la structure de mes paragraphes.

amicalement !

 konsstrukt