LE M.  DE  B.D.S.M.

                            

                           

 

Nous voici à la fin des quatre lettres : le " M " de " BDSM ", c’est Masochisme.

On doit encore une fois ce terme au brave Krafft-Ebing, qui faisait référence à l’œuvre de Léopold Sacher-Masoch (1835-1895 )…

Masoch : " La Vénus à la fourrure ", Wanda et Séverin…(Il faut que je me décide à le faire, ce post sur la littérature SM.)

En l’attendant, repassez par la case musique et allez écouter " Venus in furs " par le Velvet Underground.

Wanda ? Un rôle qui paraît taillé sur mesure pour la Nico de l’époque…

Masochiste est un mot qui m’a toujours fait peur, terriblement peur, je l’avoue.

Pour s’y inscrire sur le serveur, il suffisait de remplir un profil et seulement quatre tendances étaient proposées pour une femme : soumise, Dominatrice, fétichiste, voyeuse.

Voyeuse ? Bof ! Malgré mes lunettes, j’y vois de moins en moins…

Fétichiste ? Cet été aura prouvé si besoin était que le vinyle et le latex sont des matières détestables.

Dominatrice ? Sûrement pas !

Soumise ? C’était d’emblée la case qui me paraissait me convenir le mieux…

A y réfléchir, si la case " masochiste " avait existé et qu’elle eût été la seule, je pense que j’aurais fui ce site, que " l’Abécédaire " n'aurait pas existé et qu' ainsi beaucoup de malheurs m’eussent été évités…

Mais alors, je n’aurais pas rencontré M… !

Je me relis et je suis lucide : je tourne autour du pot ! Que voudrais-je donc ainsi cacher là ?

Bon, résumons : le sabir BDSM n’a rien à envier à celui du html et je me perds dans les deux.

Alors, selon les codes de ce " milieu " transgressif si normatif, il y aurait les soumises : elles aiment l’obéissance, recevoir des ordres, les appliquer, prennent du plaisir à être humiliées verbalement et physiquement. Pas du tout moi, ça.

Puis les esclaves, celles qui mangent dans la gamelle et qui dorment au pied de leur Seigneur.

Pas moi non plus, ça.

Alors, je me cache en ce moment sous les termes de " docile apprentie " : ils me conviennent, ils sont bien le reflet de ce que nous vivons, me semble-t-il…

Mais … Mais il y a aussi les masochistes !

Le (la) masochiste aime la douleur, il l’aime avec fierté, il est capable de défier son partenaire.

Je pourrais presque me reconnaître là… Si l’idée de jouir de ma douleur, de l’admettre ne me posait autant de problèmes. Car comment arriver à accepter cela : prendre du plaisir dans la douleur ? (Attention, je n’ai pas dit la souffrance qui est toute autre chose !)

Ce sont les sources d’analyse du pourquoi on est masochiste qui me gênent le plus : celles qui font remonter aux fantômes d’une enfance battue et que je réfute, les autres qui en appellent à l’exutoire que comme Aviva (Coucou, Bellissima !), je tends à combattre moi aussi.

Je pourrais me clamer masochiste haut et fort si cela n’avait pas cette connotation de névrose qui me déplaît tant.

Et aussi si tout cela n’impliquait pas ces têtes de Carême que l’on semble devoir faire dans le " jeu " ; je me souviens de ce couple croisé chez "X et X", la célèbre boîte, qui me reprocha de sourire sous le martinet, parce que selon eux, j’étais punie et que donc…

Ils n’avaient pu interpréter cette scène d’une autre façon que de celle du plus pur cliché de " Chez Cliché "…

Pourquoi devoir toujours tout expliquer et selon les mêmes schémas ?

Pour rien au monde, je n’accepterais dans le jeu un mot qui m’humilie. J’accepte et j’aime ma douleur en revanche. Plus proche, c’est vrai, de la masochiste que de la soumise, la " docile apprentie ", vous ne pensez pas?

Mais alors que l’on n’instruise pas le procès de mon pourquoi.

" Je suis comme je suis

et n’y puis rien changer

qu’est-ce que ça peut vous faire

ce qui m’est arrivé ? "

(Jacques Prévert)

Je ne sais pas pourquoi je suis ainsi. Sans doute un mauvais tour que m’auront joué mes endorphines ? Quelque obscur déséquilibre hormonal ?

Moi, je ne me souviens que d’une chose, cette certitude à seize ans que l’amour doit être passion, démesure et qu’il se doit d’offrir à l’autre tout. Tout, c’est à dire sans limites et donc le contraire de la resucée romantique, des bisous baveux et des sordides tripotages de mes boums de l’époque.

Tout, je voulais tout ! Tout donner et tout recevoir. Et si possible, par orgueil, donner plus que je ne recevrais. Déjà le désir des défis…

Puis l’ " Histoire d’O " passa par là où était passée l’année précédente " La motocyclette " de Mandiargues (Il faut vraiment que je m’attelle à ce post sur la littérature SM !) et j’eus le sentiment d’avoir trouvé la lumière.

La lumière noire de la douleur, celle qui vous sublime dans tout votre être quand l’Autre ne vous touche tout à coup que d’un coup de fouet qui semble ouvrir en deux votre épaule, ou par la cire d’une bougie qui parsème vos fesses de brûlures qui piquent et n’en finissent plus.

Le fouet, la bougie que je Te demande. Parce que, oui, c’est comme ça.

Et le reste dont Tu me fais la surprise. Tes cadeaux d’Amour que je reçois de Toi et que je Te rends par l’offrande de ma douleur repoussée plus loin à chaque fois.

Moi et Toi.

Moi pour Toi.

Masochiste ? Sûrement pas !

Chut ! Ne dis rien, Toi non plus…

Si je l’écrivais, il s’en trouverait bien un (une) pour me conseiller le Divin Divan.

Et moi, je veux rester dans notre lit.