Maso, ma non troppo…
Si j’ai remis les commentaires sur « AURORAWEBLOG » en blacklistant mon agité du bocal, je les modère ici même si ce blog est inconnu de tous mais, n’allant pas enquiquiner les autres sur leurs blogs de droite -personne ne convainquant jamais personne-, je n’ai pas envie de me faire étriper sur mon blog de gauche comme c’était le cas sur « Oiselle »…
Alors, la règle du jeu, ici c’est qu’on est libre de lire ou pas mais pas plus.
Pour les insultes, on cherche un autre punching-ball !
 
 
 
 
C’est parti et ça ne va pas être facile.
 
Pourtant ce qui s’annonce pour les jours à venir est déterminant.
Dans un pays où la gauche est à terre, ne peuvent plus servir de rempart que les luttes syndicales, celles qui se passent « dans la rue », celles où la rue fait entendre sa voix.
 
Le problème vient du fait que des voix se sont fait entendre au printemps dernier pour élire ce président-là et que, depuis, tout se passe comme si nous vivions dans le meilleur des mondes (sans allusion ou pourquoi pas avec le titre de roman célèbre) possibles.
La France s’est réveillée sarkozienne un matin et elle semble être toujours dans le même état aujourd’hui.
 
Bien que les mesures de bonheur annoncées pour tout un chacun tardent (ou se montrent déjà mensongères puisque les grandes enseignes, par exemple, négocient en silence avec leurs employés pour ne pas avoir à payer les fameuses heures du « travailler plus pour gagner plus » et font des prévisions avec engagement signé  pour accepter des RTT en échange des périodes de « bourre ») et que l’on n’ait pas encore vu le salé du menu (les franchises médicales sont pourtant pour bientôt, le système qui consiste à monter un côté de la France contre un autre fonctionne très bien.
Il ne faut pas se leurrer cependant : la réforme des retraites des régimes spéciaux (que tout le monde paraît souhaiter au nom de l’égalité) est l’arbre qui cache la forêt ; c'est-à-dire que l’on commence par là avec ce petit côté populiste et démago (le motif de renflouer les caisses alors que tous les économistes admettent que cette « épargne » équivaudra pratiquement à zéro) qui désigne quelques boucs émissaires avant d’en venir dans les mois prochains à une refonte complète du régime général des retraites qui amènera à augmenter les annuités et à abaisser les pensions ou retraites de tous…car cela aussi, surtout cela,  était dans le programme de l’UMP et pas seulement -comme on le croit en ces jours- de remettre à plat la situation des privilégiés du rail (ou de quelques autres) qui ne peuvent -nous dit-on- plus prétendre à être traités comme aux temps de « La bête humaine », vu l’évolution de leurs conditions de travail…
Et pourtant, être solidaires avec eux (pour impopulaires qu’ils soient et pour dérangeante que soit leur grève) aujourd’hui, les aider à gagner leur bras de fer, c’est s’assurer de pouvoir négocier nous aussi quand il le faudra et cela ne saurait tarder…
Anticipez un peu.
Sont-ce ces retraites au rabais que vous voulez pour vos vieux jours ?
 
Solidaires avec les étudiants aussi car ils ont du mal à mobiliser : beaucoup d’entre eux, embarqués avec détermination dans les manifs anti-CPE il y a peu, ont eu depuis la déplorable campagne électorale tout le loisir de se mettre à douter et de sombrer dans la léthargie qui couve dans le pays, quand ils ne se sont pas mis avec la fougue de la jeunesse à croire dans les promesses du candidat à la présidentielle...
Réfléchissez.
Certes, l’Université n’allait pas bien. Mais celle qui va se mettre en place vous paraît-elle égalitaire ?
 
Solidaires enfin avec les fonctionnaires et notamment avec les enseignants quand ils entreront dans l’action le 20 novembre.
A qui fera-t-on croire qu’avec quelques heures de moins dans le primaire on va enseigner plus et mieux ?
Qu’avec la suppression énorme de postes de professeurs dans le secondaire, on peut couvrir les mêmes besoins ?
C’est à vous qu’on le fait croire !
Tant que ce ne sont que des paroles, vous pouvez dormir mais imaginez que celles-ci prennent corps. Est-ce là l’école dont vous rêvez pour vos enfants ?
 
Alors, bien sûr, tout ceci était dans un programme qui a été voté.
Mais regardez tout ce qui est arrivé depuis : la poudre aux yeux (le Grenelle de l’environnement), le manque d’humanité (les expulsions), les manipulations (les ralliements de caciques du PS ne songeant qu’à leur « carrière »).
Et puisque je parle de vote, la plus grande de toutes, la négation du vote populaire par référendum contre le Traité Européen.
 
Pour nous tous, c’est la galère qui s’annonce pour les jours qui viennent et en plus il va faire froid.
Mais si nous jouons le jeu anti-grèves du gouvernement, il faut savoir que nous serons les prochains pions de l’échiquier qui se feront bouffer.
Cette grève est aussi la nôtre. Une grève par procuration. Une grève de protection.
 
Ne soyons pas dupes.