MON MITTERRAND.

Chacun gardera l’image qu’il voudra.
« Mon » Mitterrand, c’est quelque chose d’intime et de personnel.
S’il est dans l’Histoire, il est aussi dans mon histoire.
On peut dire tout ce qu’on veut sur le parcours, de Vichy à l’Elysée pour certains, je le sais bien.
Pour moi de Jarnac à Jarnac
Un homme.
Mais quel homme !
La voix et les mots. Quelle voix et quels mots
Et cette façon de sourire en plissant les yeux.
J’y pense encore avec beaucoup d’émotion.
Sans doute eut-il pu être romancier
Il fut en tout cas personnage de roman.
Et mon seul Président.
Dans un âge tout jeune où l’on a la tentation de l’extrême -et je vivais alors dans un pays où ceux-là s’exprimaient - son élection chez nous m’a définitivement rangée dans le choix de la Démocratie.
Et s’il n’a pas, c’est vrai et de loin, rempli le contrat de « changer la vie », il a en tout cas changé la mienne en cela.
C’est avec romantisme que je l’ai aimé. Ce romantisme perdure dix ans après et me suivra toujours.
Et puis, il y eut tout de même ces deux années de liesse, l’abolition de la peine de mort, la retraite à soixante ans (!!!) et la cinquième semaine de congés payés.
J'ai fait ce rêve de penser que les lendemains qui chantent étaient arrivés.
J’y ai cru. Et le fait d’y avoir cru si fort m’a donné alors deux années de bonheur qui ne s’oublient pas, que rien ne peut effacer.
Pas même la suite
Parce qu’à mesure que la déception est venue pour beaucoup, pour moi c’est l’homme qui peu à peu est venu s’inscrire en filigrane. L’homme et l’adversité, l’homme et la maladie, l’homme et la mort.
On peut bien être « florentin », être « monarque », rien ne permet d’échapper au destin de l’homme.
Je ne crois pas aux forces de l’esprit, pourtant il ne m’a pas quittée. C’est vrai.
Et je me souviens.
NB : Ce second blog prend les réponses mais ne les affiche pas. C'est depuis le début - et non pour cette seule note - qu'il a été configuré ainsi.
un bisou
falo.